Notre
crédo
Dans cet esprit, en guise dintroduction, jaimerais
dabord vous faire part du crédo partagé
par la direction de Médias Transcontinental et de sa
société-mère, Transcontinental inc.,
ainsi que par notre équipe de journalistes à
travers le Canada travaillant au sein de nos 11 quotidiens,
de nos 128 publications à périodicité
variable, dont 74 hebdomadaires, de nos 37 magazines et de
nos portails. Il se lit comme suit :
| À titre dentreprise
de presse, Médias Transcontinental croit fermement
que linformation factuelle, vérifiable,
quantifiable, est au cur de lactivité,
et du succès, de toutes ses publications. Pour
nous, linformation nest pas un simple
produit. Elle engage la responsabilité sociale
de lentreprise de presse et, par sa qualité,
elle contribue directement à la santé
de la démocratie.
|
Le trait marquant de notre culture dentreprise, cest
en effet notre volonté de fournir à nos lecteurs
une information de qualité. Cette volonté, jose
le dire, est à la base de notre succès commercial.
Chez Transcontinental, nous croyons en un principe bien simple
: la bonne information se traduit par une bonne santé
financière qui, à son tour, soutient une croissance
nécessaire.
Ainsi, cest grâce à sa capacité
financière que Transcontinental a pu, en 2002, conclure
la plus importante acquisition de son histoire, soit celle
des 12 journaux locaux et régionaux de CanWest, dont
10 quotidiens, et de leurs publications connexes, dans les
provinces de lAtlantique et en Saskatchewan, pour une
contrepartie de 261 millions de dollars.
Cette transaction a renforcé notre position comme quatrième
groupe de presse écrite au Canada avec des revenus
qui atteindront 500 millions de dollars en 2003, et de
second éditeur au pays de journaux locaux et régionaux.
Elle a aussi permis à ces journaux, et à leurs
équipes de journalistes chevronnés, de joindre
une entreprise qui croit en lavenir des journaux et
qui possède une philosophie éditoriale axée
sur lintérêt supérieur des communautés
desservies et sur la qualité de linformation.
Au plan canadien, Transcontinental peut être considérée
comme une nouvelle voix, un joueur émergent, dans lindustrie
des médias. Par exemple, nos revenus en 1997 nétaient
que de 66 millions de dollars. Lacquisition des
journaux de CanWest a donc contribué à renforcer
la diversité et la pluralité au sein de lindustrie,
et naurait pas été possible sans notre
capacité financière.
À notre sens, la diversité et la multiplication
des sources dinformation, entre autres à lheure
dInternet et de la prolifération de la télévision
spécialisée, constituent les meilleures garanties
au droit du public à une information libre et de qualité.
Or, pour être significative dans le contexte présent
de la mondialisation et de la constitution de grands ensembles
intégrés de médias, cette diversité
ne peut venir que de joueurs qui ont les moyens financiers
de leurs ambitions et qui sont susceptibles, par leur présence,
de faire contrepoids à ces grands empires médiatiques.
En particulier par de nouveaux joueurs comme nous que je qualifierais
de taille moyenne au sein de lindustrie des médias.
Cest cette position, rapidement esquissée par
notre crédo et illustrée par lacquisition
de journaux de CanWest, que jaimerais maintenant développer
au cours des prochaines minutes.
La taille est une donnée relative
Première constatation : sagissant dentreprises
canadiennes, la taille est une donnée tout à
fait relative.
Par exemple, Transcontinental est le plus important éditeur
de magazines destinés aux consommateurs au Canada,
et le deuxième plus important éditeur de magazines,
toutes catégories confondues, avec 22 % du marché.
Nous sommes également le deuxième plus important
éditeur de journaux locaux et régionaux au Canada.
Soit dit en passant, nous sommes le seul éditeur au
Canada à avoir pignon sur rue dans les dix provinces.
Transcontinental a donc des assises solides dans ses activités
dinformation et ses divers marchés. Cette taille,
nécessaire au maintien de notre position concurrentielle
et à notre développement, nest pas négligeable
à léchelle canadienne mais est bien relative
à léchelle nord-américaine.
Par exemple, aucune entreprise canadienne ne figure au classement
des dix plus grandes entreprises de presse au monde. En Amérique
du Nord, Transcontinental est aussi un tout petit joueur parmi
une armée de géants. Et un seul numéro
du magazine People publie chaque semaine plus dexemplaires
que lensemble de tous les magazines canadiens réunis.
Nempêche que cest avec ces joueurs imposants
que nos magazines sont tous les jours en concurrence. Pour
tirer son épingle du jeu, Transcontinental a choisi
de se concentrer dans des créneaux. Cette stratégie
nest toutefois pas un rempart contre la concurrence.
La dynamique du marché nous force constamment à
abaisser nos coûts de production, à développer
des effets de synergie entre nos publications, et à
continuer à accroître notre offre et nos parts
de marché. Cest un défi quotidien.
Nos magazines sont parmi les plus réputés au
pays, et ce, dans les deux langues officielles : Canadian
Living, Coup de pouce, Elle Canada, Elle Québec, Style
at Home, Décormag, Homemakers, Madame, TV Guide, Le
Bel Âge, pour ne nommer que ceux-là. Outre leur
contribution générale à la diversité
des nouvelles et de linformation, ces magazines permettent
aux Canadiens et aux Canadiennes des deux langues davoir
une perspective canadienne, vue par des Canadiens, sur lensemble
des sujets qui les concernent et qui est si fondamentale à
leur identité propre. Mais nos principaux concurrents,
ce sont des magazines américains aux moyens et au pouvoir
dattraction beaucoup plus puissants que nous. À
titre dexemple, le magazine Cosmopolitan vend plus de
253 000 exemplaires par mois au Canada. Prevention a
un tirage canadien de 184 000 exemplaires, Martha Stewart
Living 165 000, Oprah 162 000, People 170 800,
Teen People 126 400.
Dans ses remarques préliminaires, lhonorable
présidente du Comité, en parlant de la qualité
et de la diversité de linformation dont les Canadiens
ont besoin, posait la question : « Y a-t-il
des interventions politiques qui, sans contraindre la liberté
de la presse, peuvent ou doivent être changés
pour répondre aux besoins issus des nouvelles réalités ? »
Je répondrai sans détour que les coupures dans
les programmes de soutien aux magazines et aux publications,
annoncées par la ministre du Patrimoine canadien le
8 juillet dernier, savèrent regrettables à
tout point de vue. Pour Transcontinental seule, cela représente
une perte nette de plus de six millions de dollars en moins
de 24 mois !
De façon générale, cette décision
va entraîner des bouleversements profonds dans lindustrie
du magazine au Canada et constitue, à mon sens, un
changement non planifié de la politique culturelle
du gouvernement canadien.
Face à la menace sans précédent de la
culture américaine et de ses formidables moyens financiers,
cest dune approche structurée qui nous
permette de développer nos plans daffaires à
long terme dont nous avons besoin de la part du gouvernement
canadien.
Un autre point est également à considérer :
celui du prolongement numérique de nos activités
traditionnelles. Si nous ne voulons pas que loffre de
contenu dans Internet soit dominée par des sites européens
ou américains, nous devons continuer à mettre
en place linfrastructure technologique nécessaire
à cette fin. Or, selon une étude réalisée
par Forrester Research, un média traditionnel doit
investir des centaines de milliers de dollars pour lancer
un site ou un portail. Un tel investissement ne peut être
réalisé que si les entreprises ont la taille,
les profits et les ressources nécessaires.
Regroupement versus concentration excessive
Un constat simpose donc : lenvironnement
économique dans lequel évolue Médias
Transcontinental et les facteurs qui expliquent les nombreux
mouvements de propriété au sein de lindustrie
des médias, ici comme dans les autres sociétés,
échappent non seulement à notre contrôle,
mais également à celui des gouvernements.
Certains diront quune concentration excessive de la
propriété des médias pourrait conduire
à des manquements au plan de la qualité et de
la diversité de linformation disponible pour
le public. Cependant, nous croyons que les mouvements de propriété
dans les médias nont pas atteint un degré
de concentration excessif au Canada.
Notre conviction, cest quun regroupement de moyens
et de forces, tel que celui que représente un joueur
émergent comme Médias Transcontinental, permet
de maintenir une diversité significative, de continuellement
hausser les standards de qualité, davoir accès
à de meilleures ressources, de rendre disponible la
formation continue, davoir accès à des
technologies de pointe, et jen passe. Bref, de nous
doter doutils et de moyens pour toujours mieux informer
nos lecteurs tout en tirant notre épingle du jeu dans
un contexte extrêmement concurrentiel.
Dans notre cas, donc, la propriété du média
nest pas un élément qui peut influencer
lopinion publique. Je dirais même plus :
compte tenu de notre ligne de conduite et de la nature de
nos journaux qui sont des outils dinformation locale
ou régionale, nous contribuons à faire entendre
des voix qui, autrement, ne pourraient pas sexprimer.
En dautres mots, nous contribuons à la pluralité
des opinions sur le plan local.
Ajoutons que les ressources mises en commun nous permettent
également de maintenir dans certaines communautés
des journaux qui, sils avaient appartenu à un
propriétaire unique, auraient dû fermer leurs
portes. Or, ces médias sont souvent les seuls témoins
de lhistoire dun quartier, dune municipalité
ou dune région.
Sens de la communauté
Cela me permet maintenant de parler dune des pierres
angulaires de notre philosophie dédition, soit
le sens de la communauté.
Notre philosophie générale est simple :
ce qui est bon pour la communauté est bon pour le journal
et bon pour Transcontinental. Nous sommes conscients du rôle
que nous devons jouer dans la conservation du patrimoine culturel
de ces collectivités. Nous en faisons même notre
raison dêtre.
Par exemple, le nombre de causes ou dévénements
locaux qui reçoivent lappui de nos journaux hebdomadaires
est tout simplement phénoménal ! Tous les
organismes communautaires comptent sur « leur »
hebdo pour se faire connaître et faire connaître
leurs engagements. Nous nous faisons un devoir de répondre
à cet appel, au minimum en publiant le calendrier de
leurs activités et, souvent, en nous joignant à
eux à titre de commanditaires. Cela dit, sans compter
la couverture journalistique dont ils font souvent lobjet.
Pas surprenant donc que nos éditeurs et plusieurs de
leurs collaborateurs soient très actifs dans la communauté.
Je tiens à mentionner que deux de nos éditeurs,
Caroline Andrews, du Ottawa Business Journal, et Jean Touchette,
du Progrès de Saint-Léonard, ont dailleurs
chacun reçu la médaille du Jubilé de
la Reine pour leur engagement dans leur communauté.
Grâce à la force de notre réseau, nous
embrassons également des causes générales,
en devenant même des partenaires de lÉtat.
Par exemple, nous avons avons contribué, au Québec,
à lancer le défi « Jarrête,
jy gagne » du programme de santé ACTI-MENU
en offrant à ses promoteurs plus de cent mille dollars
en espaces publicitaires gratuits. Ce programme, qui a remporté
un grand succès, vise à encourager les gens
à cesser de fumer.
En août dernier, lors des inondations qui ont touché
la région des Bois-Francs, nos dirigeants des journaux
La Nouvelle, LUnion et LAvenir de lérable
ont pris linitiative de lancer un appel à la
population en créant un fonds daide en collaboration
avec la Croix-Rouge. Ce fonds visait à faciliter le
retour à la vie normale des familles et des personnes
de la communauté touchées par les inondations.
Nous avons recueilli 275 000 $, soit 75 000 $
de plus que lobjectif fixé au départ.
À Terre-Neuve, nous nous sommes joints encore une fois
à la Croix-Rouge afin de venir en aide aux résidents
de Badger, ce village emprisonné dans la glace le printemps
dernier. Les deux quotidiens que nous publions sur lîle,
dont le St. Johns Telegram, se sont alliés à
dautres organismes pour recueillir 1,6 million
de dollars pour les sinistrés.
Je pourrais multiplier les exemples de partenariat similaires
qui se sont produits, au cours des derniers mois seulement,
dans nos autres journaux en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick,
à lÎle du Prince-Édouard, au Manitoba,
en Saskatchewan, au Québec et en Ontario. Nous croyons
quil ne faut pas altérer cette fibre communautaire
de la presse locale que le regroupement de forces et de moyens
nous permet dentretenir, même dans lunivers
très concurrentiel que nous avons décrit.
Soit dit en passant, Transcontinental a été
reconnue, pour la deuxième année consécutive,
comme lune des entreprises les plus responsables socialement
au Canada par Corporate Knights.
En guise de conclusion
Nous sommes davis quici comme ailleurs, la consolidation
et la formation de plus grands ensembles ne sont pas terminées.
Dans ce contexte, Transcontinental entend poursuivre sa croissance
et augmenter, dans la mesure de ses ressources, le nombre
de ses publications et ses parts de marché.
Je mentionnais tout à lheure que pour nous linformation
de qualité est gage de rentabilité. Inversement,
la taille dune société, ses moyens, ses
économies déchelle et les profits générés
constituent autant de facteurs à la source dune
information de qualité accessible au public. En tant
quéditeur de magazines et de journaux, Transcontinental
a atteint une masse critique qui lui permet de former une
contrepartie valable vis-à-vis des grands groupes de
presse avec qui nous sommes chaque jour en concurrence. Notre
position concurrentielle ne doit pas être affaiblie
par des contraintes réglementaires additionnelles.
Dautant plus que cette masse critique nécessaire
au plan de loffre de contenus et des revenus est également
un rempart contre lenvahissement culturel étranger.
À lheure de la mondialisation, de lInternet
et de la standardisation des contenus, la taille de notre
entreprise est une garantie supplémentaire que nous
pourrons continuer à développer et diffuser
des produits et des services culturels pour les Canadiens.
Comment sassurer que les mouvements de propriété
ne portent pas préjudice au droit du public a obtenir
une information de qualité ? Nous sommes davis
que le rôle de chien de garde du droit du public à
une information de qualité ne doit pas revenir unilatéralement
au gouvernement.
Il ne faudra pas confondre le droit du public à une
information libre et de qualité, dune part, et,
dautre part, le droit des entreprises à des transactions
libres dans une économie de marché. Surtout,
ce droit ne doit pas servir de prétexte au gouvernement
pour singérer de façon abusive dans les
transactions légales entre deux entreprises seulement
parce quelles appartiennent à lindustrie
des médias. Il existe déjà un organisme
qui étudie de près les mouvements dentreprise
dans lensemble de léconomie : il sagit
du Bureau de la concurrence. Lexcès de réglementation
reviendrait rapidement à jeter le bébé
avec leau du bain, si vous me permettez lexpression.