
Chers invités et amis,
L’Assemblée annuelle des actionnaires
est pour moi une occasion privilégiée de faire
le point sur Transcontinental, sa situation présente
et ses perspectives d’avenir. D’autant plus
que sa diffusion et son archivage sur Internet permettent
de rejoindre un public élargi, de l’intérieur
comme de l’extérieur de l’entreprise.
Je salue en passant les internautes qui viennent de se joindre
à nous.
En tant que président exécutif
du conseil, je continue de participer aux grandes décisions
stratégiques touchant l’évolution de
l’entreprise et de suivre de près sa performance.
Mais le succès quotidien de Transcontinental repose,
depuis trois ans maintenant, sur Luc Desjardins et son équipe
de direction à qui je réitère ma totale
confiance. Chez Transcontinental, nous demandons à
nos dirigeants d’être des leaders, de partager
la vision de l’entreprise avec leur équipe,
de faciliter l’innovation et le changement et enfin,
de mobiliser et d’encadrer leurs gens. Notre entreprise
est entre bonnes mains.
Cette position à la fois de proximité
des grands enjeux auxquels fait face Transcontinental et
de recul actif par rapport à ses activités
quotidiennes me donne une perspective unique et stimulante.
À cela s’ajoutent, en plus grand nombre que
jamais, des lectures sur l’industrie, des rencontres
avec des gens de divers horizons et des voyages. Ainsi,
en février dernier, j’ai effectué une
tournée d’une dizaine d’imprimeurs en
Chine.
J’aimerais donc partager avec vous quelques
réflexions personnelles sur l’avenir de notre
entreprise et de son industrie.
•••
Les deux derniers exercices financiers de
Transcontinental ont été plus difficiles,
à l’image de l’industrie des communications
à l’échelle nord-américaine.
C’est un fait. Faut-il pour autant, comme certains
observateurs l’ont fait, parler d’une « crise »
de l’industrie, en particulier du côté
des quotidiens et de l’impression en général.
Je ne suis pas de cet avis. J’y vois plus simplement
la poursuite de la transformation rapide des dix dernières
années. Ma conviction, c’est qu’il en
sortira des gagnants et des perdants et que Transcontinental
fera partie des gagnants.
Ainsi, au cours des dix dernières
années seulement :
-
Notre industrie a traversé une
phase profonde de consolidation ayant donné naissance
à des méga-entreprises, un phénomène
qui a touché également nos clients.
-
La pénétration d’Internet
et du numérique en général s’est
accélérée.
-
Les jeunes consommateurs ont développé
de nouvelles habitudes et de nouvelles valeurs.
-
Le dollar canadien par rapport à
sa contrepartie américaine est passé de
62 cents à 90 cents.
-
Nous avons assisté à la
montée de ce que nous appelons les « économies
émergentes », en particulier la Chine.
-
Et j’en passe.
Ces phénomènes ont des effets
sur la plupart des industries. Chez Transcontinental, ils
touchent à divers degrés l’ensemble
de nos activités. Notre performance dans cette période
de profonds changements est rassurante pour l’avenir.
Laissons parler les faits. Au cours des dix
dernières années, nos revenus et le nombre
de nos employés ont plus que doublé. Nous
avons étendu nos activités à l’ensemble
de l’Amérique du Nord. Nous sommes devenus
un joueur majeur aux États-Unis dans le marketing
direct, un segment en pleine croissance, et le deviendrons
dans l’impression de journaux grâce à
notre modèle unique d’impartition. En cours
de route, Transcontinental est devenue le sixième
imprimeur en Amérique du Nord et le premier au Canada,
ainsi que le quatrième groupe de presse écrite
au pays.
Autrement dit, nous avons su maintenir le
cap sur la croissance dans un contexte de profonds changements.
Plus encore, nous avons continué à livrer
à nos actionnaires, bon an mal an, un rendement sur
leur investissement généralement au-dessus
de la moyenne de notre industrie.
En affaires, rien n’est jamais gagné
d’avance et rien ne sera jamais facile. Mais le véritable
test de la valeur d’une entreprise, c’est la
durée et la constance dans le succès. Nous
avons fait la preuve que nous sommes capables de connaître
du succès dans, avec et par le changement. Et je
suis convaincu que non seulement nous avons les gens pour
poursuivre notre progrès, mais aussi la vision, le
modèle d’affaires et la culture d’entreprise
appropriées.
C’est ce que j’aimerais élaborer
pendant les prochaines minutes.
•••
Prenons notre stratégie de développement.
Elle est basée sur des créneaux, que ce soit
dans l’impression, le marketing ou la création
et la diffusion de contenus. Notre portefeuille d’activités
compte une douzaine de créneaux et au Canada, nous
occupons le premier rang dans la majorité d’entre
eux. À l’international, notre expansion est
ciblée, à la fois géographiquement
et sous l’angle des produits et services. Les États-Unis
constituent notre marché prioritaire, en particulier
dans deux créneaux qui offrent un fort potentiel
de croissance : le marketing direct et, grâce à
notre modèle d’organisation du travail, l’impression
de journaux.
Au Canada, notre modèle est d’offrir
un large éventail de produits et services à
nos clients. À l’inverse, nous exportons sur
le marché américain des produits très
pointus en fonction de nos avantages concurrentiels. Dans
l’impression de livres par exemple, nous nous spécialisons
dans les courts tirages avec des délais de production
très courts. Nous voulons être les meilleurs
et les plus avant-gardistes dans nos chacun de nos créneaux.
•••
Autre raison de notre succès : notre
proximité du client, qu’il soit entreprise,
annonceur ou consommateur. Cela nous a amenés à
être constamment à l’affût des
nouvelles tendances. Je vous donne quelques exemples.
-
Nous avons été les premiers
dans la circulaire qui est devenue l’outil privilégié
de nos clients de l’industrie du détail.
-
Nous avons développé le
Publi-Sac pour nous différencier des autres imprimeurs
et professionnaliser la distribution de porte en porte.
C’est encore un véhicule unique au Canada.
-
Nous avons été des pionniers
en matière de journalisme économique au
Québec grâce à l’achat du journal
Les Affaires en 1979. J’étais convaincu
que la communauté d’affaires québécoise
était prête pour un journal économique
et financier écrit par des gens d’ici et
pour les gens d’ici. Nous avons développé
ce produit pour en faire la référence en
la matière.
-
Nous avons lancé des publications
destinées au troisième âge parce que
nous savions que le vieillissement de la population fournirait
de solides assises à ce produit.
-
Nous avons été les premiers
au Canada à éditer un quotidien gratuit,
le journal Métro, dont la formule répond
aux nouveaux besoins d’information rapide des jeunes
et des moins jeunes.
-
En 2003, nous avons commencé l’impression
du quotidien La Presse dans une usine ultramoderne
construite à cette fin pour aller au devant des
besoins d’impartition des éditeurs de journaux,
une autre tendance irréversible. Nous le faisions
déjà pour The Globe and Mail.
Je m’arrête ici. Tout au long
de ces initiatives, beaucoup de gens disaient que nous étions
téméraires. Mais nous n’étions
qu’à l’écoute des nouvelles tendances.
Transcontinental a gardé cet esprit d’innovation
et d’audace qui continuera d’être à
la source de notre succès.
Ainsi, notre projet d’affaires Évolution
2010 a identifié trois grandes tendances du marché :
la numérisation, la personnalisation et la réduction
par les entreprises du nombre de leurs fournisseurs. Ce
seront nos principales pistes de développement des
prochaines années.
Les nouveaux médias numériques
sont en train de changer radicalement notre façon
de travailler, de nous informer, de consommer et de nous
divertir. En tant qu’éditeur de magazines et
de journaux, nous déployons déjà sur
Internet de nouveaux contenus. Nous comptons y ajouter une
plus-value numérique, tant du côté du
contenu que du côté transactionnel. Pour ce
qui est de nos activités d’impression, notre
offre de prémédia fait déjà
de nous un chef de file en la matière et nous allons
continuer à intégrer la technologie numérique
à l’impression et à nos services de
post-presse.
La personnalisation, pour sa part, est comme
une seconde nature pour Transcontinental puisque nos publications
sont ciblées par communauté géographique
ou par communauté d’intérêt et
que la distribution du Publi-Sac repose sur des données
sociodémographiques. C’est donc tout naturellement
que nous sommes devenus l’un des plus importants joueurs
de l’industrie du marketing direct aux États-Unis.
Nous allons continuer à développer notre plateforme
nord-américaine au cours des prochaines années.
La numérisation et la personnalisation
sont les deux faces d’un même phénomène
: l’expansion du marketing individualisé et
de l’interactivité. Nous sommes là et
le serons de plus en plus.
Autre tendance irréversible : la réduction,
par les entreprises, du nombre de leurs fournisseurs et
leur volonté de se concentrer sur leur spécialité.
Elles recherchent donc les compétences complémentaires
par des alliances ou par l’impartition. Par exemple,
des clients nous impartissent leurs activités de
prémédia, nous intégrant ainsi dans
leur chaîne de valeur, et nous offrons à d’autres
des services d’édition à contrat.
Notre culture d’entreprise et notre
crédibilité d’affaires font du partenariat
un prolongement naturel de notre relation d’affaires.
En plus de répondre aux besoins de certains de nos
clients, notre capacité à conclure des partenariats
nous permet également de nous associer à d’autres
entreprises pour développer de nouveaux produits
et assurer notre croissance.
C’est ainsi qu’en 2006, notre
liste d’entreprises nord-américaines avec qui
nous entretenons des relations d’affaires d’une
grande proximité s’est enrichie de noms prestigieux.
Entre autres : la chaîne de détaillants
A&P; l’éditeur américain Meredith
Corporation; le site « style de vie »
masculin numéro un, AskMen.com; et Bell Canada, par
le biais de son site Sympatico.MSN.ca. Enfin, en devenant
l’imprimeur du San Francisco Chronicle à
partir de 2009, nous posons les bases d’un partenariat
avec un véritable icône de l’industrie
des communications à l’échelle mondiale,
soit Hearst Corporation.
Soit dit en passant, cette notion de partenariat
s’étend également aux relations avec
nos autres publics : nos actionnaires, nos fournisseurs,
les communautés géographiques où nous
sommes établis et, bien sûr, nos employés.
Transcontinental continuera à évoluer
au cours des prochaines années. Les besoins de nos
clients et les habitudes des consommateurs resteront en
évolution constante et la dynamique de notre industrie
aussi. Mais nous avons la culture d’entreprise et
le modèle d’affaires pour continuer de faire
partie des gagnants.
•••
Un mot sur la responsabilité sociale
de l’entreprise. Cette notion inclut la qualité
de nos relations de travail, la santé et sécurité
et le mieux-être de nos employés, nos dons
et commandites, notre engagement communautaire, le respect
de l’environnement et les normes de régie d’entreprise.
Je vous ai souvent dit ma fierté que Transcontinental
soit reconnue comme un leader au Canada en la matière
et nous entendons continuer à nous distinguer sur
ce plan au cours des prochaines années.
•••
En terminant, j’aimerais remercier
les membres du conseil d’administration pour leur
appui indéfectible. Je veux le faire de façon
particulière avec Pierre Brunet qui nous quitte après
plus de 22 ans de loyaux services au sein de notre conseil.
Durant toutes ces années, nous avons beaucoup profité
de sa connaissance du milieu financier et de sa grande crédibilité
au sein de la communauté des affaires à l’échelle
canadienne.
Je vous remercie de votre attention et je
cède maintenant la parole à Luc
Desjardins
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